Police : les députés adoptent une loi inutile voire dangereuse

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L'Assemblée nationale a adopté hier dans une indifférence générale la dernière mouture du projet de loi sur la sécurité publique. Un projet de loi présenté par le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, comme une réponse aux manifestations policières de l'automne, mais que des avocats et magistrats jugent inutile, voire dangereux. Alors que l'agression sauvage du jeune Théo par quatre policiers à Aulnay-sous-Bois jette une lumière crue sur les trop nombreuses violences policières, ce projet de loi n'est pas de nature à apaiser les tensions.

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Ce texte assouplit en effet les règles de légitime défense pour les policiers, durcit les peines pour outrages aux forces de l'ordre et autorise l'anonymat des enquêteurs.

En première lecture, il avait été adopté par le Sénat en janvier, et approuvé à l'unanimité et à main levée, le 8 février, par la quinzaine de députés PS, LR et FN présents. Le député de la 9e circonscription des Français de l'étranger, Pouria Amirshahi (ex-PS), avait été bien seul à défendre une motion de rejet préalable. « La sacralisation d'une police mythifiée après les attentats a complètement aveuglé l'opinion et empêché toute discussion sur le contrôle de la police républicaine », déplore-t-il dans l'entretien qu'il a accordé cette semaine à Politis.

Lire > « Ces lois pourraient servir un pouvoir autoritaire »

Restaient quelques petites divergences entre les deux chambres qu'une commission mixte paritaire a vite gommées en durcissant le texte. Et c'est cette version que les députés ont validée hier par 34 voix contre 5 (voir le détail du scrutin). Revenant sur leur vote du 8 février, où ils s'étaient abstenus, les deux députés du Front de gauche présents lors du vote ont voté contre. Les deux députés du FN, absents hier, avaient chaudement approuvé le texte la semaine dernière. Ce projet de loi doit encore être approuvé ce 16 février par le Sénat. Une simple formalité.


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