Tunisie : Brutal retour du passé ?

Amnesty International s’alarme de la violation des droits humains sous l’état d’urgence en Tunisie.

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Dans un rapport publié le 13 février, Amnesty International s’alarme de la violation des droits humains sous l’état d’urgence en Tunisie. L’augmentation des recours aux méthodes répressives contre les suspects de terrorisme apparaît comme un « sinistre rappel du régime de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali » et une menace pour les avancées qu’a connues le pays ces six dernières années.

À rebours de l’image d’un pays unique rescapé des Printemps arabes, comme en témoignait la Constitution adoptée en 2014, l’ONG rapporte 19 cas d’arrestations arbitraires, mais aussi 138 assignations à résidence et 5 000 interdictions de voyager. Des témoignages dénoncent des arrestations et des perquisitions parfois menées en pleine nuit et sans mandat.

En réaction à l’attaque contre un bus de la garde ­présidentielle qui avait fait douze morts en novembre 2015, l’état d’urgence avait alors été décrété, octroyant des pouvoirs d’exception aux forces de l’ordre. Mais la notion d’urgence a ses limites, et Amnesty prévient que « certains droits tels que l’interdiction de la torture ne peuvent être suspendus en aucune circonstance ». L’organisation précise avoir relevé « vingt-trois cas de torture et de mauvais traitements depuis janvier 2015 », dont un « viol présumé ».

Le rapport, titré « Nous ne voulons plus avoir peur », donne aussi la parole aux proches des suspects qui subissent « un harcèlement » et « des mesures d’intimidation » de la part des forces de l’ordre dans le but d’obtenir des informations. Les craintes liées aux dérives et aux abus sont d’autant plus vives que, le 17 janvier, l’état d’urgence a été prolongé pour un mois.


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