Hamon remanie son programme

Le programme présenté le 17 mars est différent de celui sur lequel le député socialiste a été désigné à la primaire.

Politis  • 23 mars 2017
Partager :
Hamon remanie son programme
© photo : Julien Mattia / NurPhoto / AFP

C’est un ravalement discret, mais le programme présenté le 17 mars par Benoît Hamon est bel et bien différent de celui sur lequel le député socialiste a été désigné à la primaire, en janvier. L’esprit du texte et la direction prise restent similaires dans les grandes lignes, la transition énergétique, la régulation de l’économie et la fin de l’austérité. Mais plusieurs mesures fortes et originales disparaissent : la présence de la société civile aux conseils d’administration des grandes entreprises ; les mesures facilitant la reprise des entreprises par leurs salariés en coopérative ou encore le renforcement de la responsabilité des dirigeants d’entreprise. Ce dernier point visait à interdire les rémunérations démesurées et à sanctionner les pratiques managériales dangereuses.

Les principales propositions contre l’austérité sont également refondues dans le projet d’Assemblée démocratique de la zone euro. Il dilue l’« annulation » des dettes des États – qui devient une « mutualisation » – et le « moratoire » sur les règles de rigueur du pacte de stabilité. La réforme de la Banque centrale européenne est aussi éclipsée par ce projet. Et l’idée de retirer du calcul du déficit les dépenses d’investissement n’est plus d’actualité.

On note en revanche plusieurs nouveautés, inspirées notamment par Arnaud Montebourg. Benoît Hamon souhaite s’opposer à la privatisation du rail, taxer les « super profits », réserver la moitié des marchés publics aux PME et créer une monnaie inter-entreprise pour dynamiser l’activité locale.

Politique
Temps de lecture : 1 minute
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

Du Front national à Jordan Bardella, un système financier opaque
Extrême droite 30 janvier 2026 abonné·es

Du Front national à Jordan Bardella, un système financier opaque

Au procès en appel du FN- RN concernant les assistants parlementaires, les figures clés des finances décrivent un parti où personne n’assume les décisions. Derrière cette défense collective jurant sur la bonne foi, ce procès met en lumière un mode de fonctionnement financier en crise constante et opaque.
Par Maxime Sirvins
« Les maires tremblent en attendant de découvrir le niveau de réduction de leurs budgets »
Municipales 2026 30 janvier 2026 abonné·es

« Les maires tremblent en attendant de découvrir le niveau de réduction de leurs budgets »

Dans Maires, à quoi bon ? (Textuel, 2026), le sociologue David Guéranger analyse les limites du pouvoir d’un maire, sans cesse confronté aux contraintes budgétaires et au désengagement de l’État.
Par Lucas Sarafian
Les classes populaires acquises au RN ? Une cartographie inédite révèle des nuances
Sociologie 30 janvier 2026

Les classes populaires acquises au RN ? Une cartographie inédite révèle des nuances

Au-delà des sondages, deux chercheurs, Youssef Souidi et Thomas Vonderscher, ont croisé les résultats des législatives du printemps 2024 avec les caractéristiques sociodémographiques des circonscriptions à l’échelle des bureaux de vote. Ce travail esquisse une nouvelle cartographie électorale de l’Hexagone.
Par Olivier Doubre
Déconstruire le duel des « deux France »
Anlayse 30 janvier 2026 abonné·es

Déconstruire le duel des « deux France »

Le territoire français est souvent décrit comme fragmenté par des différences sociales et géographiques perçues comme des fractures irréconciliables. Entre simplifications médiatiques et stratégies politiques, ces représentations alimentent un clientélisme électoral, au détriment des populations concernées.
Par Kamélia Ouaïssa