Leurs allumettes et leur grattoir

Par leurs imprécations antimusulmanes, ces éminences nous détournent de leurs menées antisociales.

L’autre jour, un (bon) camarade m’expliquait, en substance : « Toi, quand même, tu parles quand même assez souvent de l’islam, dans Politis. Quand même. » (Sous-entendu : alors que tu pourrais parler aussi de problèmes plus problématiques, genre le capitalisme, et le patronat, et le capitalisme.) Et comme c’est quelque chose qu’on entend périodiquement ces temps-ci, j’ai pris un petit peu de temps pour y réfléchir un petit peu plus avant.

Résultat de cette grave méditation : non. Non, je ne parle pas « assez souvent de l’islam ».

Par contre – et tu vas voir que la nuance est de quelque importance –, il est parfaitement exact que je parle régulièrement de(s) gens, innombrables dans notre paysage, qui parlent, eux, très – très – souvent de l’islam. Et qui en parlent en des termes qui ne sont pas outrancièrement amènes, puisque leurs interventions, sur ce sujet, se résument généralement à l’énoncé (dit et redit ces jours-ci par l’intègre M. Fillon) qu’il serait temps de procéder à un « contrôle administratif du culte musulman », et à la profération, réitérée toutes les dix heures environ par les forgerons de l’opinion, que la religion mahométane, outre qu’elle est « sans-gêne » (selon l’hebdomadaire Le Point), fait salement « peur » (selon L’Express) à qui n’en est pas – téma le gars en djellaba, et dites-moi s’il n’effraie pas.

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