Mélenchon : Et s’il arrivait au second tour ?

De la Seine-Saint-Denis à la Canebière, Jean-Luc Mélenchon fédère des électeurs nombreux et hétéroclites qui pourraient – qui sait ? – créer la surprise à l’élection.

Pauline Graulle  • 12 avril 2017 abonné·es
Mélenchon : Et s’il arrivait au second tour ?
© photo : Anne-Christine POUJOULAT/AFP

Ce samedi matin, un ciel d’azur s’élève au-dessus du marché de Pantin. Une place carrée encerclée par des barres d’immeubles, où petites mamies, jeunes actifs lookés, prolos et poussettes se croisent et se toisent. Dans cette ancienne cité ouvrière de Seine-Saint-Denis où la boboïsation guette – Paris est à deux stations de métro –, la mairie est acquise au PS tendance Valls. Le marché, en revanche, fait l’objet d’une lutte perlée entre militants de gauche. À deux semaines du premier tour, il faut à tout prix convaincre ce microcosme très stratégique. Communistes d’un côté, NPA et Lutte ouvrière de l’autre. Dans un coin, quelques hamonistes tendent des tracts, l’air peu convaincu. À l’autre bout, une demi-douzaine d’insoumis ont monté un chapiteau brinquebalant, avec un écran dessous, pour une retransmission du discours prononcé le 18 mars par Jean-Luc Mélenchon place de la République, à Paris. Rien ne fonctionne. Mais pas de quoi entamer le moral des troupes.

Galvanisé par les bons sondages, lesquels placent désormais son candidat au coude à coude avec Fillon, le sémillant Éric, badge « Keep calm and vote Mélenchon » épinglé au blouson, prend les paris : « Vous verrez, ce sera Mélenchon n° 1, puis Le Pen, Fillon, et Macron quatrième ». Pour ce journaliste, qui travaille dans une revue associative à Aubervilliers, pas de doute, le printemps sera digne d’un film de Chris Marker : révolutionnaire et joyeux. « Ce sera une synthèse de 1936, 1945 et 1968 », prédit-il avec emphase. Pour preuve, les klaxons d’encouragement quand il fait du collage : « Pantin est un village : l’enthousiasme, je le sens comme jamais ».

Sur le marché, c’est un peu moins

Envie de terminer cet article ? Nous vous l’offrons !

Il vous suffit de vous inscrire à notre newsletter quotidienne :

Vous préférez nous soutenir directement ?
Déjà abonné ?
(mot de passe oublié ?)

Pour aller plus loin…

Face à l’internationale fasciste, les gauches françaises rêvent de rebâtir des ponts
Analyse 20 avril 2026 abonné·es

Face à l’internationale fasciste, les gauches françaises rêvent de rebâtir des ponts

Des initiatives politiques et issues de la société civile construisent un réseau de solidarité mondiale pour remporter la bataille culturelle contre l’extrême droite. Objectif : tout faire pour l’empêcher de gouverner, mais aussi se préparer au mieux pour y résister.
Par Hugo Boursier et Lucas Sarafian
« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »
Entretien 15 avril 2026

« Nous utiliserons tous les moyens parlementaires pour que la loi Yadan soit rejetée »

La députée LFI Gabrielle Cathala, désignée cheffe de file contre la proposition de loi de Caroline Yadan, explique comment son groupe entend combattre le texte dans l’hémicycle.
Par Hugo Boursier
Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse
Analyse 15 avril 2026 abonné·es

Dix ans de Macronie : du « en même temps » à l’impasse

Né en 2016 de la promesse de dépasser les clivages et de réinventer la vie politique, le macronisme a rapidement conquis le pouvoir. Dix ans plus tard, entre virage assumé à droite, fractures internes et absence d’ancrage, le mouvement apparaît affaibli, tandis que les lignes partisanes qu’il prétendait abolir ressurgissent avec force.
Par Alix Garcia
« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »
Entretien 3 avril 2026 abonné·es

« Le PS doit retrouver une colonne vertébrale pour peser à gauche »

Poitiers, Vaulx-en-Velin, Bègles… Trois gauches, trois défaites. Dans ce dossier spécial, les candidats perdants analysent leur échec et en tirent les leçons. Ici, la socialiste et maire sortante Hélène Geoffroy critique la stratégie d’opposition de la France insoumise, et regrette que le PS n’ait « rien produit » dans l’opposition face à Emmanuel Macron.
Par Alix Garcia