Syrie : jusqu’où peut aller Trump ?

Le président des États-Unis s’est ému de l’attaque à l’arme chimique de mardi en Syrie. Pourquoi un tel revirement ?

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Au lendemain de l’attaque au gaz chimique qui a fait 86 morts, dont 30 enfants, mardi, à Khan Cheikhoun, une ville située au nord-ouest de la Syrie, sommes-nous en train d’assister à un changement de pied total de Donald Trump ? Le président américain a estimé que « cette attaque sur des enfants a eu un énorme impact [sur lui] ». « De nombreuses lignes ont été franchies », a-t-il déclaré.

Pourquoi ce revirement ? Après tout, on ne peut pas exclure que Trump ait un cœur, et que l’émotion des photos d’enfants asphyxiés par le gaz sarin l’ait submergé. Il a même évoqué devant la presse « les beaux petits bébés qui ont péri ».

Mais on peut surtout imaginer qu’il ait besoin de se défaire de l’image d’ami de Poutine qui lui vaut une enquête fort embarrassante du FBI. Son secrétaire d’État, Rex Tillerson, lui aussi soupçonné de liens étroits avec Moscou, s’est également empressé de mettre en demeure « les Russes » de « réfléchir vraiment à la poursuite de leur soutien au régime d’Assad ». Et l’ambassadrice des États-Unis à l’Onu, Nikki Haley, a fustigé la Russie pour n’avoir pas su « tempérer » son allié syrien.

Des « lignes franchies » qui en rappellent d’autres

Jusqu’où ce revirement peut-il aller ? L’évocation des « lignes franchies » rappelle évidemment l’ultimatum lancé par Barack Obama en 2013. Le président américain avait alors menacé Damas d’une intervention militaire en cas d’attaque chimique – menace qui n’avait finalement pas été suivie d’effet, lorsqu’au mois d’août de la même année, Bachar Al-Assad avait fait gazer la population de la Ghouta, une zone proche de Damas.

Une opération visant par exemple à détruire l’aviation syrienne n’est donc pas exclue. Nikki Haley a parlé de mesures unilatérales des États-Unis en cas d’échec d’une action « collective » des Nations unies. Mais ces discours de la nouvelle administration américaine ressemblent davantage à une pression pour contraindre Moscou à adopter un projet de résolution condamnant le régime d’Assad. Un projet rejeté par la Russie, mais qui faisait l’objet, jeudi, d’intenses discussions pour parvenir à un nouveau texte.

À lire aussi >> Notre dossier « Syrie : six ans pour détruire un pays »


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