Le mauvais goût d'Emmanuel Macron

Le Président élu a offert un spectacle vulgaire aux milliers de personnes venues l'acclamer sur l'esplanade du Louvre.

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Les temps sont durs : Emmanuel Macron, le soir de sa victoire s’est contenté de prononcer le mot « écologie ». Maigre gage des engagements qui s’annoncent. Quant à la culture, son spectacle de victoire augurait du pire : ses danseuses en bikinis casquées de rouge rabaissaient l’exercice à une démo vulgaire pour étudiants en école de commerce en soirée à Ibiza. Les collectifs féministes ne s’y sont pas trompés, dénonçant la mise en scène – et non les danseuses elles-mêmes – et l'image qu'elle donnait de la représentation des femmes à la télévision.

Assez logique, disent les mauvaises langues, pour un candidat qui aurait dérapé sur la parité en disant « prendre le risque de choisir des femmes » :

Notre exigence pour mener ce combat, ce sera une exigence de renouvellement. C'est pour cela que je veux qu'au moins la moitié de nos candidats puissent être des femmes et que je vous demande à vous qui êtes là, qui nous entendez, qui nous suivez, de vous engager, de prendre ce beau risque pour faire vivre notre démocratie.

[...] Parce que ce renouvellement, celui qui permettra à des candidates de se présenter, celui qui fait que nous présenterons 50 % de nouveaux candidats, c'est simplement reconnaître la vitalité de notre société, sa force. Ça n'est pas pour faire plaisir aux uns ou aux autres. C'est simplement de donner la chance à notre pays de gouverner et de légiférer comme il est, tout simplement. (Emmanuel Macron, Palais des sports de Lyon, 4 février 2017).

Un peu plus inattendu pour celui que certains surnomment le Mozart de l'Élysée : troisième prix de piano du conservatoire d'Amiens, il aurait même quelques bases de danse...

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C’est pas une question de dénudement : à côté des danseuses d'Emmanuel Macron, le Crazy Horse, c’est le Lac des cygnes. Les danseuses de cette maison et leur directeur artistique se préoccupent un peu d’art pour leur part.

C’est pas non plus une question de génération : même en portant redingote devant la pyramide du Louvre, il n’y a pas d’âge pour le mauvais goût. Moralité : le fric, c'est pas toujours chic.

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