Le PS au bord du gouffre

La campagne laisse apparaître les fractures qui déchirent le Parti socialiste à la veille d’une catastrophe électorale annoncée.

« Tout est très clair ! », répète Jean-Christophe Cambadélis, au QG du PS, au moment de présenter son équipe de porte-parole pour les législatives. L’occasion d’apprendre que Bernard Cazeneuve ne dirige pas la campagne des socialistes comme cela s’est dit : « La tête de fil est portée par le bureau national, affirme la porte-parole Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy. On a décidé de porter cette bataille collectivement ! » Une solution qui permet surtout de limiter l’effet dévastateur d’un positionnement individuel dont les orientations pourraient mettre de l’huile sur le feu de la désunion, laquelle ravage déjà la maison socialiste. Quoi qu’il en soit, Bernard Cazeneuve, qui s’était porté volontaire pour cette tâche, continue de faire comme si c’était lui. Il sillonne la France pour apporter son soutien à des candidats socialistes triés sur le volet, notamment ceux « qui n’ont pas fait défaut pendant le quinquennat et qui veulent la réussite de la France », déclarent des proches de l’ancien Premier ministre au Figaro, le mercredi 24 mai. Autrement dit, des candidats « Macron compatibles », même s’ils ont des adversaires investis d’En marche ! ; comme Élisabeth Guigou, en Seine-Saint-Denis ; Olivier Faure, en Seine-et-Marne ; Christophe Sirugue, en Saône-et-Loire ; ou encore Erwann Binet, en Isère. Ce dernier s’affiche sur son matériel de campagne sans le logo PS, serrant même la main du nouveau Président : « Soit on est dans la majorité, soit dans l’opposition, il n’y a pas trois positions. Je ne serai pas dans l’opposition, a-t-il déclaré. Je suis fidèle à la position du bureau national du PS. » Au Parti socialiste, on affirme que le soutien de Cazeneuve à Binet est « dû à l’amitié soudée autour de la lutte pour la loi sur le mariage homosexuel ». Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, affirme, quant à lui, que les « candidats qui s’affichent avec la formule “majorité présidentielle” » ne respectent pas « la position du Parti socialiste ». Il faut dire que Cambadélis est lui-même en grande difficulté dans sa circonscription face à son adversaire d’En marche !, le secrétaire d’État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi, et il n’a pas d’autres choix que de jouer la carte de la différenciation avec le mouvement macroniste. Quand les logiques personnelles prennent le pas sur le discours national, il y a de quoi en perdre son latin.

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