OGM : Le fiasco de Monsanto au Burkina Faso

La firme, qui avait implanté son coton transgénique dans le pays, a dû admettre son échec sous la pression de la société civile et des agriculteurs.

C ’est une grande victoire, une première dans le monde, dont le retentissement a dépassé le pays, se félicite Blandine Sankara, porte-parole du Collectif citoyen pour l’agroécologie (CCAE). Et il est très satisfaisant d’avoir vu participer de nombreux paysans et jeunes. » Au printemps 2016, sous la pression de la société civile, le nouveau gouvernement burkinabè, au pouvoir après la fuite de Compaoré, met un terme à la calamiteuse conversion de la culture cotonnière à la variété transgénique Bt de Monsanto. Elle promettait monts et merveilles aux agriculteurs : tout est démenti ou presque. L’aventure OGM commence dans le secret en 2003. La firme états-unienne entame des recherches pour mettre au point une variété capable de synthétiser son propre insecticide, pour combattre le lépidoptère résistant aux insecticides classiques, et qui menace la filière coton, deuxième source de devises pour le Burkina Faso. En contradiction avec le Protocole de Carthagène : le pays, qui en est signataire, aurait dû s’équiper d’une loi de biosécurité avant toute introduction d’OGM. La complicité s’organise au plus haut niveau : un accord est signé entre Monsanto, l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Inera) et la Sofitex, société cotonnière d’État qui contrôle 80 % de cette filière dans le pays. Et les autorités décident la promotion à grande échelle du coton Bt. Un attirail réglementaire de biosécurité est finalement adopté, et les premières cultures démarrent en 2008. L’expansion de la variété transgénique culmine en 2013. Elle occupe alors 442 000 hectares, près de 70 % des surfaces en coton.

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