Farida Amrani : Celle qui veut faire valser Valls…
Inconnue du grand public, l’insoumise Farida Amrani pourrait s’imposer comme la tombeuse du député sortant d’Évry.
dans l’hebdo N° 1457 Acheter ce numéro

U ne maman de trois filles. » Voilà ce que répond invariablement Farida Amrani à la question : « Qui êtes-vous ? » Manière de faire comprendre aux journalistes qui la découvrent qu’elle incarne l’exact opposé de l’apparatchik dont elle lorgne le siège à l’Assemblée nationale : Manuel Valls.
Dans la très symbolique bataille Amrani-Valls sur la première circonscription de l’Essonne, le camp Amrani fait valoir son avantage : jouer à fond la carte du story-telling. Le côté « David contre Goliath » rencontre un écho auprès d’un public de plus en plus tenté par le dégagisme. Quitte à forcer un peu le trait si besoin : Amrani la fonctionnaire, mère-courage de 40 ans, versus Valls le notable de la politique politicienne, qui a passé trop de temps sous les lambris du pouvoir. Elle la candidate des quartiers, habitante des Aunettes – une petite cité d’Évry ; lui le député-maire qui voulait plus de « whites » dans son fief de l’Essonne. Elle l’immigrée marocaine musulmane ; lui le néoconservateur favorable à la déchéance de nationalité. Elle le peuple ; lui l’oligarchie.
La voilà donc, la fille du « peuple » : souriante, pimpante. Elle est assise avec son suppléant, Ulysse Rabaté, à une terrasse du Palais, un café situé à côté de l’Agora, le centre commercial avec théâtre intégré qui faisait jadis la fierté des habitants de la ville