Hommage à Clément Méric : radical mais pacifique

La manifestation organisée à l’occasion des 4 ans de la mort du jeune antifasciste s’est déroulée sans aucune violence, tout en portant un message politique combatif contre l'extrême droite et le racisme.

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P as de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes » ou encore « C'est pas les immigrés, c'est pas les sans-papiers, c'est les fascistes qu'il faut virer » : les slogans scandés tout au long de la manifestation d’hommage à Clément Méric, samedi 3 juin à Paris, étaient offensifs. Environ 500 personnes (selon la préfecture de police), ont marché en les criant de la place de la République à Gambetta (Paris XXe), en mémoire du jeune militant antifasciste mort le 5 juin 2013 sous les coups de skinheads, mais aussi « contre tous les racismes et l’extrême droite ».

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Preuve que la radicalité n’implique pas nécessairement le recours à la violence, la marche s’est déroulée, sous un dispositif policier très discret, sans le moindre heurt, comme l’avaient demandé les organisateurs dans un texte publié le 1er juin et à nouveau dans une prise de parole avant le départ.

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Agathe [1], du Comité pour Clément (le collectif organisateur), explique : « On ne voulait pas reproduire la situation de l’année dernière, où la manif n’avait pas pu aller à son terme. Pour mener un combat antifasciste et antiraciste le plus large possible, il faut que tout le monde puisse y participer. » À l’approche du procès des militants d’extrême droite renvoyés aux assises en mars dernier, le but était aussi de ne pas donner au public une image permettant de renvoyer dos à dos extrême droite et extrême gauche, même si la jeune femme précise : « Il ne s’agit pas de montrer patte blanche, on veut simplement apparaître comme on est vraiment. »

Le visage montré samedi 3 juin aura ainsi été celui d’un cortège pacifique, constitué de personnes de toutes origines, et d’une énergie telle qu’on en voit rarement aujourd’hui dans les manifestations parisiennes. Fumigènes multicolores et slogans repris en chœur ont créé une ambiance offensive et chaleureuse, malgré la pluie incessante d’un bout à l’autre du parcours.

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Si l’hommage au jeune antifasciste occupait bien sûr une place importante, la volonté des organisateurs de faire de la manifestation un moment politique dans un combat plus large contre le fascisme et le racisme était prégnante, avec des slogans comme « Qu’elles soient de droite ou macronistes, abrogration de toutes les lois racistes », ou d’autres en mémoire des victimes des violences policières, par exemple « Zyed, Bouna, Théo et Adama, on n’oublie pas, on ne pardonne pas ».

Dans le même esprit, plus tôt dans l’après-midi, place de la République, une série de débats autour de l’antifascisme et de l’antiracisme, ainsi que des stands de divers collectifs et organisations, avaient attiré plusieurs centaines de personnes autour de thèmes comme « le mythe du récit national », « l’extrême droite dans la police » ou encore « construire une solidarité de quartier avec les migrants ». Ce choix a contribué à donner une forte consistance politique à l’événement, et sans doute permis d’attirer un public différent de celui habitué aux manifestations antifascistes.

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Si la relative faiblesse numérique de la manifestation est plutôt décevante, l’ensemble de la journée permettra sans doute d’oublier le fiasco de l’an dernier et de faire mieux dans les années à venir.

[1] Le prénom a été modifié


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