Macron, Philippe : Ce qu'ils nous préparent

Malgré le flou « jupitérien », on commence à deviner les contours de la politique que le gouvernement Philippe II s’apprête à appliquer. Un libéralisme éculé, aux relents autoritaires.

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Emmanuel Macron est un spécialiste du flou jupitérien. Aux imprécisions de son programme lorsqu’il était candidat, ont succédé les non-dits des projets de loi et des déclarations, laissant la voie libre aux mauvaises surprises à venir. Cependant, on commence à deviner les contours de la politique que le gouvernement Philippe II s’apprête à appliquer. Au lieu du progressisme et de l’humanisme revendiqués, le « nouveau monde » qui se met en place est celui d’un libéralisme éculé, aux relents autoritaires.

La nomination de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur en est tout un symbole. Ce passionné de vidéo-surveillance, pour qui « la sécurité est la première des libertés », s’est d’ores et déjà illustré par ses propos indignes sur les migrants et les associations qui viennent à leur secours. Et le projet de loi antiterroriste qu’il porte suscite de sérieuses craintes pour les libertés publiques. Sur le plan européen, Emmanuel Macron a sans surprise délaissé le volet social. Tandis que ses positions sur la Syrie et Bachar Al-Assad entretiennent l’ambiguïté. Enfin, il y a les fameuses ordonnances sur la loi travail. Barémisation des dommages et intérêts aux prud’hommes, réduction des délais de recours, nouvelle organisation du dialogue social dans l’entreprise, CDI « de projet »…

Tous ces termes constituent autant de charges explosives potentielles contre le droit du travail, protecteur face à la précarité. Les syndicats auront fort à faire pour les déminer, au cours de ces rendez-vous de « concertation » aux règles du jeu plus que discutables. Reste la réplique du mouvement social. Mais on n’en est pas encore là…


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