Regards croisés sur le monde

Le politiste Bertrand Badie et le géographe Michel Foucher s’interrogent sur les retours du national et des nationalismes.

Allons-nous vers un monde néo-national ? Le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie et le géographe Michel Foucher dialoguent autour de ce questionnement relancé par l’actualité de ces dernières années. Alors que l’on croyait la mondialisation inexorable, et le mouvement vers l’effacement des frontières irréversible, nous vivons depuis quelque temps ce que Bertrand Badie appelle « un retournement de l’histoire » qui se manifeste par une renaissance des « crispations identitaires ». On pense évidemment au Brexit, à Trump, à Poutine, à Erdogan. Jusqu’en Europe même, avec le raidissement des pays d’Europe de l’Est face au problème des migrants, et à la progression des populismes dans les pays occidentaux. Badie préfère parler d’un « état d’esprit » plutôt que d’une nouvelle « logique politique ». Une vague contestataire marquée par « l’identitarisme » plutôt que l’installation durable d’un néo-nationalisme. Michel Foucher conteste le lien entre ces événements. Il y voit surtout un monde « néo-national » et non « néo-nationaliste ». Lorsque Poutine manifeste la volonté de « coopérer sur un pied d’égalité avec Trump », c’est du patriotisme, analyse Foucher, et non du nationalisme. Quant au Brexit, il a amalgamé des populations trop différentes, entre travaillistes perdants de la mondialisation et extrême droite, pour que l’on puisse attendre une nouvelle idéologie transformatrice.

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