PS : Le Nord frappé par l’ouragan « dégagiste »

Jadis hégémonique dans le département, le PS traverse une crise sans précédent. Des militants espèrent que la ligne hamoniste les aidera à reconquérir ce territoire gangrené par le FN. Pas gagné.

Pauline Graulle  • 5 juillet 2017 abonné·es
PS : Le Nord frappé par l’ouragan « dégagiste »
© photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

C’est à une heure et quart de Lille en voiture, et c’est déjà, paraît-il, un peu le bout du monde. Tout au sud du département du Nord, le Cambraisis s’étire sur de vastes plaines et des dizaines de petits villages. Le chômage y tutoie les 13 % en dépit d’une activité agricole intense et intensive et d’une filière textile qui survit, bon an mal an, à la désindustrialisation. Fierté locale : c’est à Caudry, 15 000 âmes, que se trouve l’usine où a été confectionnée la dentelle de la robe de mariée de la princesse de Galles, Kate Middleton. Pour le reste, la commune n’échappe pas à la règle : là aussi, le FN a fait son nid.

Il est loin, le 6 mai 2012 : à Caudry, François Hollande avait rassemblé derrière lui deux électeurs sur trois. « Aujourd’hui, on ne peut pas faire vingt mètres sans voir la tête de Marine Le Pen affichée sur un mur », dit Sophie Desreumaux. À 34 ans, cette ancienne danseuse est l’unique élue socialiste au conseil municipal de la ville. Attablée dans une brasserie historique du Vieux-Lille, la jeune brune aux yeux verts raconte la débâcle à sa petite échelle : la candidate socialiste de sa circonscription qui annonce, le jour du dépôt des candidatures, qu’elle rejoint La République en marche (LREM) ; la section locale du PS désertée ; les habitants dépolitisés ; l’abstention qui atteint des sommets ; l’édile UDI de Caudry qui drague sans vergogne les électeurs du FN et qui, à peine élu député, désigne son fils comme son successeur à la mairie…

Un milieu hostile qui n’empêche pas Sophie Desreumaux de faire son petit bonhomme de chemin – et tant pis si cette Caudrésienne de naissance doit supporter les procès en « boboïtude ». Incarner la relève du socialisme sur son territoire ? Elle veut y croire. Elle a senti le vent nouveau soufflé par Benoît Hamon, même si la fédération du Nord n’a soutenu le candidat que du bout des lèvres. « Dans ma ville, où tout le monde prend ce que dit TF1 pour argent comptant, la primaire a recréé du débat politique, souligne-t-elle. Cela faisait tellement longtemps qu’on ne voyait plus de logos du PS dans les rues : ça a été une révolution ! »

Gérer la pénurie

Le Nord, une terre de mission pour le

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Politique
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Le PS est mort, vive la gauche !
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