Repenser les luttes et les rêves

Dans Manifeste des œuvriers, Roland Gori, Bernard Lubat et Charles Silvestre interrogent les transformations du travail.

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Retour à l'œuvre. Entre chômage et loi travail, Roland Gori, psychanalyste, Bernard Lubat, musicien de jazz, et Charles Silvestre, journaliste, se retrouvent à la croisée des chemins : tous trois ne sont-ils pas des « œuvriers », des mains à la tête, du geste à l'exercice savant ?

« L'œuvre bouleverse celui qui invente comme celui qui en est l'interlocuteur. Elle développe, par le commun, l'humanité dans l'homme », définit ce manifeste qu'ils ont coécrit « pour renouveler la pratique des métiers manuels et intellectuels ». Le premier intérêt étant de ne pas opposer ces métiers mais de les rassembler – avec les ouvriers, les infirmières, les enseignants, les médecin, les juges, les artisans... – autour de ce qu'ils ont en commun : le fruit de leur travail.

Dans ce joli mot d'« œuvrier » qui n'est pas seulement transdisciplinaire mais aussi transclasse, les trois utopistes entrevoient la possibilité d'une solution à « la crise ». Ils remontent à la création du Conseil national de la résistance jusqu'au mouvement du printemps 2016 contre la loi travail en passant par l'Appel des appels en 2008. Ils considèrent Nuit debout comme « le dernier né d'une famille recomposée de la contestation sociale ». Surtout, ils devinent dans les actuelles transformations du travail la nécessité de refonder les luttes et les rêves.

« Et toi, lecteur, ce mot d'“œuvrier” te parle-t-il ? Te donne-t-il l'envie de présenter ta version, d'imaginer une suite ? », interrogent les trois coauteurs en invitant au débat lors de plusieurs festivals d'été dont celui d'Uzeste, piloté par Bernard Lubat jusqu'au 28 juillet. Ou la Fête de l'Huma, qui s'ouvrira, le 15 septembre, par une Soirée des œuvriers.

Manifeste des œuvriers Roland Gori, Bernard Lubat, Charles Silvestre, Actes Sud/LLL, 80 p., 9,5 euros.

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