Macron au « Point » : un camouflage idéologique

Dans un entretien accordé à l’hebdomadaire, le Président masque mal la réalité de sa politique sous des formules pompeuses.

Denis Sieffert  • 31 août 2017
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Macron au « Point » : un camouflage idéologique
© photo : BENOIT DOPPAGNE / BELGA MAG / BELGA

La rhétorique macronienne commence à nous être familière. Elle est faite de beaucoup de grandiloquence pour masquer la réalité nettement moins flatteuse d’une politique violemment antisociale. Un vaste camouflage idéologique en quelque sorte.

L’exercice auquel le président de la République se livre dans le long entretien paru ce jeudi dans Le Point est un modèle du genre. On commence par l’héroïsme et on finit par la baisse des aides au logement. Macron appelle de ses vœux « la reconstruction d’un héroïsme politique », sans que l’on sache très bien ce que cela signifie. On peut se demander si les chômeurs ont besoin d’héroïsme ou d’emploi.

On devine la référence implicite aux Trente Glorieuses et à l’époque gaullienne. Mais ce discours n’est guère opérant en temps de crise. Surtout si on ne veut pas repenser le partage des richesses. Si bien qu’après la « grande ambition », on tombe de haut.En fait d’héroïsme, le Président confirme la suppression de l’ISF pour les plus fortunés qui possèdent surtout un patrimoine financier, une augmentation de la CSG qui pénalisera les retraités.

Au passage, on se demande si Macron n’a pas trouvé un nouveau partage des richesses, non pas entre riches et pauvres, mais entre actifs et retraités… Il promet une réduction encore plus drastique des aides au logement, et justifie la diminution des contrats aidés, au prétexte qu’ils ne débouchent pas sur un emploi durable. Question : à ceux qui perdront cet emploi, en effet précaire, le Président propose-t-il un « emploi durable » ?

Plus inquiétant encore, il promet de nouvelles coupes claires dans les budgets de la santé, et son propos est lourd de menace pour les minima sociaux. Le smic est nettement dans le collimateur. Sans parler évidemment de la loi travail. Mais, comme il en fait l’aveu, Emmanuel Macron ne veut pas se « gargariser d’égalité ». Certes. Les victimes de sa politique pourront toujours se consoler avec l’héroïsme.

Politique
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