« Tout un monde lointain », de Célia Houdart : Foyer intime

Dans Tout un monde lointain, Célia Houdart déploie une langue économe et musicale pour évoquer le mystère d’une femme.

À quoi reconnaît-on l’existence d’une langue ? À si peu. À beaucoup. Quelque chose de dansant au gré des phrases, une légèreté même si l’architecture est ample. En un mot : une grâce. Dans le premier chapitre de Tout un monde lointain, le cinquième roman de Célia Houdart, que se passe-t-il ? Au cœur de la nuit, une femme, au volant de sa voiture, toutes vitres ouvertes car il fait chaud, se sent enveloppée par cette tiédeur ; elle arrête son moteur, se recoiffe dans le rétroviseur. Bref, il ne se passe rien, diront certains. Moments propices, cependant, pour entendre si une langue est là ou non. En l’occurrence, une musique vibre assurément.

Deux femmes sont au centre du livre. L’une, designer et architecte qui a réellement existé, Eileen Gray (1878-1976), est présente par l’une des villas qu’elle a construites, sur la Côte d’Azur, à Roquebrune-Cap-Martin : la célèbre « E.1027 ». L’autre est la femme de la voiture, Gréco, d’un certain âge. Elle a connu la précédente et est fascinée par cette maison, désormais à l’abandon à cause de droits de succession compliqués, mais qu’elle souhaiterait acquérir.

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