Économie sociale : Le social… et en même temps l’entreprise

Défenseur d’une politique « pragmatique » et soucieux d’« innovation », Christophe Itier veut ouvrir le secteur associatif au mécénat et aux contrats privés.

S’il y a une chose que Christophe Itier déteste, c’est bien d’« être mis dans une case ». À vrai dire, pourtant, nul ne l’ignore : dans le monde composite de l’économie sociale et solidaire, le nouveau haut-commissaire incarne à plein le versant libéral du secteur. Le quinquagénaire a beau louer les qualités du « modèle associatif français », avancer qu’il a dirigé pendant sept ans une association de protection de l’enfance, son CV parle de lui-même. L’ancien rocardien, rallié de la première heure à Emmanuel Macron, a fait ses armes au sein de Deloitte, puissant cabinet de consulting qui, dit-on, lorgne le « marché » de l’action sociale depuis la mise en place de la RGPP dans le secteur. Gestion, rationalisation, compétitivité. Voilà donc le bois dont est fait Christophe Itier. C’est ainsi qu’il a dirigé La Sauvegarde du Nord, où il est arrivé en tant qu’auditeur Deloitte, en 2011. C’est qu’il fallait bien adapter cette énorme association (un millier de salariés) aux restrictions budgétaires imposées par le département. « Itier s’est présenté comme le chantre de l’innovation, dit Olivier Pira, délégué syndical SUD de La Sauvegarde, mais il a fait comme tout le monde. » À savoir le découpage en pôles, le regroupement en filières, la fusion avec une autre structure… À l’arrivée, SUD et la CGT dénoncent une augmentation de la souffrance au travail et la suppression d’une cinquantaine de postes. L’intéressé voit chuter sa cote de popularité locale – ce qui explique en partie sa défaite, à 43 voix, contre l’Insoumis Adrien Quatennens, à Lille, aux législatives.

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