Naomi Klein : Les larmes de Standing Rock

Naomi Klein raconte la lutte des Sioux et des écologistes contre le passage d’un pipeline sous une réserve d’eau vitale. Une défaite face à Trump, mais un symbole de résistance. Bonnes feuilles.

Au milieu des larmes et des vapeurs de sauge, nous avons senti que nous faisions l’histoire. Nous avons eu l’impression que la colère et la douleur qui s’exprimaient allaient au-delà du simple exutoire. Si peu de temps après une élection qui nous avait heurtés, divisés, c’était un immense soulagement. Pendant des semaines, ces écrans qui occupent trop de place dans ma vie avaient été saturés de fureur et de débats hargneux pour savoir à qui ou quoi faire porter la responsabilité d’un tel gâchis. On a entendu de tout et sur tous les tons : Trump avait gagné parce que les États-Unis étaient racistes ou à cause de l’élitisme des démocrates du milieu des affaires, et Bernie aurait réglé ça. Non, Trump avait gagné à cause du capitalisme, le problème le plus important de tous, alors que le racisme et le suprématisme blanc sont marginaux. Non, c’est à cause des revendications identitaires et de ces minorités qui ne font que se plaindre et sèment la discorde. Non, c’était rien que de la misogynie, bande de crétins. Non, Trump avait gagné à cause de l’industrie des combustibles fossiles, bien décidée à siphonner ses derniers profits, quel que soit le sort de la planète… Des arguments d’un intérêt indéniable, mais qui ne se soucient absolument pas de changer les façons de voir, de rechercher un véritable terrain commun.

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