Semaines décisives pour la Syrie

Le huitième round de discussions s’est ouvert mardi à Genève, alors que Bachar Al-Assad a intensifié ces jours-ci ses bombardements sur la zone rebelle de la Ghouta.

Politis  • 29 novembre 2017
Partager :
Semaines décisives pour la Syrie
© photo : Mikhail KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP

Une phrase d’un colonel de la division rebelle Al-Hamza résume bien l’impasse du conflit syrien : « C’est la Russie qui mène le bal, mais le régime syrien ne peut pas être réhabilité. » Toute la contradiction est là. Rien n’est possible avec Bachar Al-Assad, mais la Russie, toute-puissante dans ce dossier, n’est pas disposée à lâcher le dictateur syrien. De fait, la question de la gouvernance, autrement dit de la survie du régime, est bien de nouveau au cœur du huitième round de discussions qui s’est ouvert mardi à Genève, sous l’égide de l’ONU. Et, comme s’il voulait en rajouter dans l’horreur, Bachar Al-Assad a intensifié ces jours-ci ses bombardements sur la zone rebelle de la Ghouta, dans la banlieue de Damas, qualifiée par une mission de l’ONU d’« épicentre de la souffrance ». Cela, alors même qu’elle a été déclarée « zone de désescalade » par la Russie et le régime. Ce qui donne une idée de la duplicité de Damas.

À lire aussi >> Notre dossier « Syrie : Six ans pour détruire un pays »

Deux éléments nouveaux sont toutefois intervenus avant le rendez-vous de Genève. Pour la première fois, l’opposition syrienne se présentera unie face aux représentants du régime. Après trois jours de discussions à Riyad, les différents courants ont réussi à désigner une représentation unique. D’autre part, la défaite de Daech, à l’est du pays, prive la propagande russo-syrienne de l’amalgame entre rébellion et mouvement terroriste. Le sort de Bachar Al-Assad, auteur d’une répression féroce depuis six ans, et de plusieurs attaques chimiques contre des civils, constituera néanmoins le principal point de blocage. Même si une étroite porte de sortie existe avec la perspective d’élections législatives sous l’égide de l’ONU. Mais quelles garanties pour les opposants dans un pays sous le joug du clan Assad depuis quarante-sept ans, et ruiné par une guerre civile qui a fait plus de 400 000 morts ?

Monde
Temps de lecture : 2 minutes
Soutenez Politis, faites un don.

Chaque jour, Politis donne une voix à celles et ceux qui ne l’ont pas, pour favoriser des prises de conscience politiques et le débat d’idées, par ses enquêtes, reportages et analyses. Parce que chez Politis, on pense que l’émancipation de chacun·e et la vitalité de notre démocratie dépendent (aussi) d’une information libre et indépendante.

Faire Un Don

Pour aller plus loin…

« Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive »
Entretien 29 juin 2026 abonné·es

« Mal élu, Keir Starmer n’a fait qu’une politique de droite agressive »

Thierry Labica, enseignant au département d’études anglophones de l’université de Nanterre, revient sur les causes de la démission du Premier ministre britannique, ses promesses trahies, sa grande impopularité, son action au sein du Labour pour chasser toute son aile gauche. Et dresse le portrait ambigu du travailliste Andy Burnham, son probable successeur.
Par Olivier Doubre
« Partir de Gaza a sauvé mon art »
Portrait 26 juin 2026 abonné·es

« Partir de Gaza a sauvé mon art »

Mohammed Hilles est un violoniste gazaoui de 26 ans. Il y a un peu plus d’un an, il a été évacué de l’enclave palestinienne pour poursuivre ses études et sa musique en France. L’exil pour continuer de jouer. Mais à quel prix ?
Par Charlotte Gauthier
« La révolution des flamants roses » secoue l’Albanie
Europe 26 juin 2026 abonné·es

« La révolution des flamants roses » secoue l’Albanie

Depuis la fin mai, le « pays des aigles » est en ébullition. Le mégaprojet touristique de la famille Trump sur une zone naturelle protégée est devenu le symbole de la dérive corrompue et autoritaire du régime d’Edi Rama. Mais pas seulement.
Par Simon Rico
Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans
Reportage 25 juin 2026 abonné·es

Indonésie : à Bangka, l’extraction de l’étain, noir tribut payé à nos écrans

Dans l’archipel indonésien, des travailleurs extraient l’étain dans des conditions extrêmement dangereuses. Indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs, le précieux métal s’arrache au prix de vies humaines et d’un désastre écologique.
Par Pierre Terraz et Paul Boyer