Construire une place aux « corps en trop »
Des architectes, des chercheurs et des artistes se sont réunis au sein d’un collectif pour élaborer des solutions d’abri sur les trottoirs, dans des bidonvilles ou dans des camps de réfugiés.

Une riposte à la ville hostile. Le Pôle d’exploration des ressources urbaines (Perou) a été créé en 2012, sous statut associatif, « pour articuler action sociale et action architecturale en réponse au péril alentour ». Péril ? « Nos métropoles occidentales débordent de corps en trop, de rebuts humains épars : expulsés d’ici comme d’ailleurs flanqués à même le bitume ; réfugiés dans les [lieux] délaissés, déprises et autres innommables zones ; logés dans l’insalubrité, le surpeuplement ou la solitude, tout au bord de la rue », assène son manifeste.
Sans-abri, migrants, Roms : ces populations voient leurs « situations habitées » démolies par des hommes en uniforme. Placer, déplacer, détruire et éloigner sont des pratiques gouvernementales. « Nous avons le recul suffisant pour mesurer l’inanité de ces réponses, analyse Sébastien Thiéry, chercheur en sciences politiques
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