« Né à Die », ça ne se dira plus

Dans la Drôme, la plus petite maternité de France vit ses dernières heures. Les habitants, indignés, restent mobilisés.

Angela Bolis  • 13 décembre 2017 abonné·es
« Né à Die », ça ne se dira plus
© photo : Christophe ESTASSY/Citizenside/AFP

N é à Die le 3 mars 1941 » ; « Né à Die le 11 novembre 1987 » ; « Né à Die le 1er septembre 2011 »… Brandissant ces simples affichettes, un millier de manifestants défile dans la bise glacée qui souffle ce samedi 2 décembre dans les ruelles de Die. Dans cette commune de 4 500 habitants, campée au pied des falaises du Vercors, dans la Drôme, ils sont venus défendre leur maternité qui doit fermer ses portes à la fin de l’année. C’est la plus petite de France.

Derrière une large banderole – « Maternité, chirurgie, résistance » –, Aurélia, une enseignante de 36 ans, marche d’un bon pas malgré son ventre rond. Enceinte de 7 mois, elle sera l’une des premières à devoir accoucher ailleurs. La menace de la fermeture de la maternité de Die a pesé sur sa grossesse : « Ça nous a empêchés de nous projeter, de nous préparer sereinement. » Depuis que l’annonce a été faite, le 24 novembre, par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, l’incertitude a fait place à l’inquiétude : « J’habite à plus d’une heure de l’hôpital de Valence. Mon deuxième enfant est né très vite. Pourrai-je arriver à temps ? »

Annoncée à peine un mois avant les derniers accouchements programmés, cette décision a secoué le Diois et laissé planer un sentiment d’impréparation. L’Agence régionale de santé (ARS) a bien promis de renforcer les transferts en cas d’urgence, avec une sage-femme embarquée dans le véhicule du Samu, ou même dans un nouvel hélicoptère. Elle a promis, aussi, l’ouverture d’un centre périnatal de proximité dès le 1er janvier, la « construction d’un nouvel hôpital » (pour 12 millions d’euros) la fourniture d’un scanner, etc., mais ça n’a pas suffi à calmer l’indignation des habitants. Le Collectif

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