NDDL : Macron tire les marrons du feu

L'État a annoncé ce midi abandonner le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Le plus beau coup politique du quinquennat débutant de Macron.

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Le renoncement de l'État au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, annoncé par le Premier ministre, est le plus beau coup politique du quinquennat débutant de Macron. En prenant simplement le dossier par le bon bout, c'est-à-dire une honnête remise à plat du projet, la conclusion s'imposait. En accompagnant cet abandon par des mesures alternatives pour le développement des transports dans le Grand Ouest, sans lancer les forces de l'ordre sur la Zad (en tout cas dans l'immédiat), le paquet politique est complet.

Car l'essentiel du message d'Édouard Philippe est contenu dans la longue introduction de son allocution du jour : lui, « républicain convaincu », aurait sans délai lancé la construction, mais « les conditions ne sont pas réunies » en raison de l'insoluble affrontement entre pro et anti que les « précédents gouvernements » ont laissé prospérer.

En tranchant le nœud gordien sans brandir l'arbitraire du gouvernement central, sans risquer un nouveau « Sivens » soldé par la mort de Rémi Fraisse, en offrant une alternative très acceptable pour l'aménagement du territoire, Emmanuel Macron (évidemment à l'origine de cette décision) appuie le bonnet d'âne sur les oreilles de Sarkozy et de Hollande ainsi que des familles politiques qu'ils représentent, signature concrète de sa victoire sur un vieux bipartisme gauche-droite sclérosé dont il entend faire le tombeau.

Les cris de dépit de ceux qui ont méticuleusement organisé leur propre défaite sonnent aujourd'hui comme des colères d'enfants irresponsables. L'appréciation des Français (les sondages…) devraient confirmer aux oreilles de Macron que l'objectif premier de son opération déminage est atteint : avec lui, la France change d'ère.


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