Tunisie : Le ras-le-bol social

Sept ans après la chute de Ben Ali, la Tunisie est de nouveau au bord de l’explosion.

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Sept ans après la chute de Ben Ali, qui a marqué le début des révolutions arabes, la Tunisie est de nouveau au bord de l’explosion. Le seul pays arabe qui ait réussi une véritable avancée démocratique est confronté à une situation sociale aggravée. C’est la Loi de finances qui concentre la colère d’une grande partie de la population. Cela, parce qu’elle n’offre aucune perspective de sortie de crise à un pays frappé par des baisses de pouvoir d’achat, un chômage massif (15 % officiellement, beaucoup plus en réalité) et l’effondrement du tourisme. Elle prévoit au contraire une augmentation de la TVA, des impôts sur la téléphonie et l’immobilier. En fait, après Ben Ali comme avant sa chute, la Tunisie vit toujours sous la tutelle du FMI, qui applique ses recettes mortifères.

L’euphorie politique des premières heures de la révolution est rapidement retombée. L’économie n’a pas suivi. Et les fragiles acquis démocratiques s’en trouvent menacés. Pourtant, la Tunisie est le seul pays qui a réussi à éviter le retour de la dictature, et qui a intégré la mouvance islamiste dans son système politique. Aujourd’hui, Ennahdha, branche tunisienne des Frères musulmans, figure dans une coalition gouvernementale dominée par le parti Nidaa Tounes, qui a « recyclé » plusieurs personnalités proches de l’ancien régime. Pour tenter d’éteindre le début d’incendie, le gouvernement envisage d’adopter une batterie de mesures sociales : « Nous travaillons à un socle de protection sociale, un revenu minimum, une couverture maladie universelle et un plan logement », a indiqué mardi une source gouvernementale sous couvert de l’anonymat, sans plus de précision. Le FMI peut-il l’admettre ?


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