Lars Norén à la Comédie-Française : Dernier souffle

Lars Norén met en scène sa propre pièce Poussière à la Comédie-Française. Une fresque exceptionnelle, entremêlant le plus trivial et le plus noble, transcrite par des comédiens sidérants.

La première hantise de l’écrivain suédois Lars Norén, c’est sans doute la souffrance des hommes. Repéré autrefois comme une sorte de Pinter nordique, d’observateur aiguisé de la déchirure conjugale, il s’est révélé, au fil des ans et des œuvres (qui sont nombreuses), comme un poète amoureux des marginalités, un observateur tendre de la douleur et de la férocité humaines. Il n’y a sans doute pas de pièce plus bouleversante sur la tragédie intime des drogués que Catégorie 3.1, et peu de drames sur les malades mentaux aussi nimbés de douceur que Kliniken. Avec un vrai courage, l’administrateur général de la Comédie-Française vient d’inviter Norén à mettre en scène l’un de ses textes salle Richelieu. Nous voilà dans l’audace et l’au-delà du miroir social.

Cela s’appelle Poussière. Un titre qui renvoie à la Bible, mais Norén est aussi athée que christique ! L’action se passe dans un monde contemporain déjà gauchi par l’obsession de la mort et un style légèrement symboliste. En bord de mer, un hôtel accueille une série de touristes, qui sont tous des habitués. Ils viennent là depuis des années, et ils sont si fatigués qu’ils pourraient mourir sur place. Ils ont encore l’énergie de parler, d’affirmer hautement leurs petites vérités, d’avoir quelques gestes d’amour, de se replier dans leur carapace ou bien de se battre comme des chiffonniers avec leurs voisins.

Il reste 63% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Articles récents