« Phantom Thread », Paul Thomas Anderson : De l’amour à poison

Dans Phantom Thread, Paul Thomas Anderson met en scène la rencontre imprévisible entre un grand couturier et une jeune femme de tempérament.

Le titre est parfait : Phantom Thread. « Le fil caché », a-t-on traduit au Québec. En effet, on ne saurait s’en tenir aux apparences. Voici l’histoire de Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis), aiguille à la main et lunettes sur le nez, la mine absorbée par son ouvrage, grand couturier sur la place de Londres dans les années 1950, confectionnant les robes de ses altesses. Aux lueurs de l’aube, une armada de femmes pénètrent dans la maison Woodcock et rejoignent leur poste de travail. Ce sont les « petites mains ». « Petites », mais hautement qualifiées et dévouées.

Au cours des premières minutes, on s’interroge : Paul Thomas Anderson aurait-il succombé aux sirènes de l’assagissement ? Le cinéaste sortait pourtant de l’adaptation baroque d’un roman de Thomas Pynchon, Inherent Vice (2014). Ici, l’image est superbe – signée Paul Thomas Anderson lui-même –, tous les plis sont à leur place, les couleurs feutrées rayonnent, et certaines figures de style, comme un panoramique virtuose à 360 degrés, montrent à quel point la mise en scène est maîtrisée. Mais inclinerait-elle vers l’académisme ? Par ailleurs, Daniel Day-Lewis ayant annoncé qu’avec ce film il mettait un terme à sa carrière, le cinéaste, avec lequel il a déjà tourné There Will Be Blood (2007), aurait-il voulu lui offrir un rôle de seigneur ?

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