Le petit Macron illustré

Liste non exhaustive de vocabulaire « disrupté » et embryon d’un dictionnaire du macronisme.

Michel Soudais  • 3 mai 2018 abonné·es
Le petit Macron illustré
© photo : GILLES CALVEZ/AFP

Il existe une rhétorique macronienne, avec ses mots et ses expressions. Certains sont puisés dans le vocabulaire anglo-saxon très prisé des managers et des DRH à la base du team building de La République en marche, qui pensent start-up, process, business plan… Un sabir managérial qu’Emmanuel Macron distille avec aisance dans ses discours, que ce soit au salon VivaTech ou au Collège de France, autant par souci de s’afficher dans la « modernité » que pour imposer sa vision du monde, celle d’une technocratie financière, qui tranche avec celle de ses prédécesseurs.

Le Président ne dédaigne pas, en même temps, user d’expressions aussi fleuries que désuètes : ficher son billet, chicaya, galimatias, carabistouille (déjà prisé par Jean-Luc Mélenchon), croquignolesque… Mais le parler-vrai qu’il revendique – en ciblant essentiellement les salariés (les « illettrées » de GAD), les perdants de la mondialisation qui le prendraient pour « le père Noël » ou « foutent le bordel », les petites gens qui « ne sont rien » et tous ceux qui refusent ses réformes – dénote un mépris de classe qui ne fait que renforcer son image de président des riches.

Ces provocations contrastent avec l’autre face du style Macron, qui cherche plutôt à camoufler les conséquences de ses réformes sous un discours mystificateur et des paroles lénifiantes. D’où une propension à l’euphémisation que l’on retrouve notamment dans l’énoncé de la plupart des lois. L’habilitation du gouvernement à réformer le code du travail par ordonnances était ainsi présentée comme allant « développer le dialogue social ». On trouvera d’autres exemples de cette rhétorique pernicieuse dans les mots et expressions qui suivent. Cette liste non exhaustive constitue l’embryon d’un dictionnaire du macronisme.

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Adaptation : empruntée au registre biologique, cette injonction transposée à satiété dans le discours économique et social macronien rappelle que son libéralisme est un darwinisme social.

Ambianceurs : appellation des militants de la « Team ambiance », habillés de tee-shirts pastel et répondant aux consignes transmises par l’application Telegram (applaudissements, standing-ovation, « Macron président »…) lors des meetings de campagne d’E. Macron.

Autocar : moyen de transport de troisième classe. Cit. : « Avec la relance des autocars, les pauvres voyageront plus facilement », E. Macron, 15 octobre 2014.

Assumer : verbe préféré des membres du gouvernement pour, à chaque décision discutable et contestable, se donner un quitus ou un satisfecit, et une apparence d’autorité. Cit. : « Je sais que je demande des efforts aux plus âgés, que parfois certains râlent, […] mais je l’assume », E. Macron, Châlons-en-Champagne, 1er mars 2018.

Bêtise : mot simple et familier, à connotation enfantine, souvent employé au pluriel par E. Macron

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Politique
Publié dans le dossier
Macron, un an : La droite parallèle
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