Orthoépie et admixtion

Les souffrances des victimes du racisme, du sexisme et de l’homophobie doivent être entendues pour ce qu’elles sont.

T **ous les mardis, je reçois le PDF du « prochain numéro de Politis, en kiosque jeudi ». Ça dure comme ça depuis des années, qui m’ont installé dans quelques habitudes – à moins qu’il ne s’agisse désormais de réflexes : par exemple, neuf fois sur dix, je lis d’abord l’édito, puis, juste après, le courrier des lecteurs. Et des lectrices. Et c’est là que je suis tombé, l’autre jour, sur une lettre de Jean, qui était carrément (très) irrité.

Ce qui l’« agace », Jean, c’est ce qu’il appelle (1) « la mode de l’écriture inclusive », qu’il juge « absurde ». Elle constitue d’abord, selon lui, une « aberration », car « les pseudo-mots et fonctions que sont », par exemple, « habitant·e·s ou venu·e·s n’ont ni existence ni statut », et en plus, abomination absolue : « Ils n’ont pas non plus d’histoire linguistique ». (Et « quant aux étudiant·e·s blanc·he·s ou aux citoyen·ne·s » : Jean « défie quiconque d’en dériver une prononciation (et une lecture) – alors que l’orthoépie, qui règle le vecteur langue écrite → langue parlée, est ici annulée ».)

Fichtre, m’ai-je dit à ce point de ma lecture : l’affaire est grave. Et d’autant plus préoccupante que, si je me laisse entraîner sur le terrain orthoépique, je vais être un peu sous-équipé : Jean, après tout, est « agrégé et docteur en linguistique anglaise ». Mais, heureusement, la conclusion de son courrier m’a finalement ramené en territoire connu.

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