23-06-18, Senlis-Compiègne

Viviane, 25 ans, suit la Marche solidaire pour les migrants de Vintimille à Londres, organisée par l’Auberge des migrants. Au jour le jour, elle retrace son périple sur ce blog, illustré par des photographies du collectif Item.

Viviane  • 24 juin 2018
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23-06-18, Senlis-Compiègne
Photo : Marche solidaire pour les migrants entre Langres et Chaumont sur l'étape 33 le 5 juin 2018. À l'arrivée à Chaumont, le repas est pris dans une salle mise à disposition. Gilles (gauche) mène le cœur d'une chorale improvisée avec une chanson sur la Marche créée durant la marche.
© Crédit : Franck Boutonnet / item

L'auteure : Viviane J'ai 25 ans, je suis originaire de Bretagne, j'ai fait des études de psycho. J'ai fait six mois de bénévolat à Calais puis j'ai été intégrée dans l'organisation de la Marche des migrants. Je ne sais pas où je serai dans six mois mais mon prochain projet est un voyage humanitaire au Togo. Mon père est vidéaste. Il m'a prêté sa caméra pour que je documente ce que je vis avec les marcheurs, mais je préfère écrire... Les photographes Le Collectif item est une structure de production indépendante qui se donne le temps et les moyens nécessaires pour construire de véritables sujets, pensés comme des récits photographiques à part entière. Il rassemble aujourd’hui 12 photographes, un graphiste et une vidéaste, autour de l’impérieuse nécessité de raconter le monde, pour ne pas rester les yeux fermés. Leurs travaux peuvent être vus sur leur site ici.
Une multiprise. Des portables en train de charger. Riaz et Zakaria en train de jouer aux petits chevaux sur le téléphone avec une chaise en guise de table. Plus loin, d’autres chaises placées comme pour un spectacle mais vides de public. Ici, le spectacle c’est le foot à la télé. Tout le monde est trop occupé à ranger ou à discuter ou jouer aux cartes. Au mur, un drapeau du Maroc, un autre du Sénégal, un autre français. Un petit bar. Il n’y a pas de doutes, c’est la buvette du stade où nous avons planté les tentes ce soir. C’est vraisemblablement le local de l’association franco-maghrébine de Compiègne vu l’affiche au mur. C’est eux et un autre collectif qui nous accueillent ce soir.

« Il y a un métro ici ? », a demandé un sans-papiers alors qu’on traversait un petit village en pleine cambrousse. Ben ça ne va pas de soi quand on a jamais vu autre chose que Paris.

« On m’a dit que je ne pouvais pas faire telle chose parce que je suis une femme et tout à l’heure on m’a laissée passer. C’est gentil si c’est pour prendre soin de moi mais je préférerais qu’on me traite d’égal à égal. », a dit une des marcheuses pendant la réunion de ce matin. Ben ça ne va pas de soi quand on a été élevé à traiter les femmes d’une certaine manière. Il y a deux groupes dans la marche. Mais nous apprenons beaucoup des uns des autres et, surtout, nous avons besoin des uns des autres.

© Politis
Publié dans
Les blogs et Les blogs invités
Temps de lecture : 2 minutes
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