L’idéologie élitiste de l’innovation

Pour les « non-talents », l’enseignement supérieur est inutile et coûteux.

Parcoursup est une plateforme présentée comme un dispositif d’orientation des bacheliers vers les filières leur offrant, selon leurs compétences, les meilleures chances de réussite et les meilleurs débouchés. Mais les premiers résultats révèlent l’idéologie élitiste pour trier les bacheliers. L’objectif est de transformer l’enseignement et la recherche en facteur de croissance. Mais le lien entre éducation et croissance n’a rien d’immédiat et de naturel. Pour que l’enseignement supérieur soit facteur de croissance, il faut construire tout un arsenal institutionnel, symbolique et technologique. Cette construction s’appuie sur une idéologie élitiste implicite nauséabonde.

S’appuyant sur « l’exemple » de la Silicon Valley, les libéraux soutiennent que la croissance future est d’abord déterminée par la capacité des entreprises à innover. Et pour que les entreprises innovent, il faut que les politiques publiques construisent un contexte favorable à l’innovation marchande. Il s’agit de bichonner les innovateurs, les « talents », qui peuvent demain faire ruisseler sur tout le pays les rentes mirobolantes de la digitalisation du monde.

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