Dossier : L'héritage toxique : Enquête sur la dépollution industrielle

Romainville : Du trichlo dans le salon

Des habitants de Romainville se mobilisent pour la dépollution de leur quartier, gravement contaminé par l’usine Wipelec.

Sur la table de la cuisine, les classeurs s’accumulent. À l’intérieur, des plans du quartier découpés en parcelles, des arrêtés préfectoraux, des courriers envoyés jusqu’au ministère de la Transition écologique et solidaire pour alerter sur la pollution qui touche les sols et l’air du quartier des Ormes, à Romainville (Seine-Saint-Denis). Une forteresse de papiers que Sébastien Tirloir met à jour dès que possible. « Dès que les services de l’État veulent bien nous communiquer les informations ! », précise le vice-président de l’association Romainville Sud, créée justement en 2014 pour interpeller plus facilement les pouvoirs publics.

Dans ce quartier résidentiel du nord-est parisien trônait depuis 2003 l’usine Wipelec, sous-traitant de Safran pour la découpe chimique de métaux, succédant à une entreprise de traitement de surface. Deux activités utilisant beaucoup de substances toxiques. Géré par un patron aux pratiques douteuses, Wipelec est déclaré en cessation d’activité en 2006. Pourtant la dépollution du site n’est pas ordonnée, alors qu’il est avéré que le trichloréthylène (TCE) a envahi les gaz du sol, selon des études réalisées par l’entreprise elle-même.

Les riverains l’ignorent jusqu’en octobre 2014, lors d’une banale réunion publique sur l’urbanisation du quartier en présence d’élus municipaux et de potentiels racheteurs du site, dont le fonds d’investissement suisse Ginkgo. « Les représentants de Ginkgo nous annoncent qu’ils vont démolir dès la semaine suivante puis dépolluer aussitôt. Nous apprenons alors que l’état du terrain est catastrophique, raconte Sébastien. À la fin de la réunion, ils me disent en aparté : “Qu’est-ce que vous avez été pollués, vous !” Les prélèvements effectués au fil des années n’ont pas été faits pour protéger notre santé, mais pour libérer le foncier du site. »

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