[POLITIS 30 ANS] Quand la loi fabriquait des « clandestins »

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À l’époque, on disait encore « clandestins ». Le 7 juillet 1988, Politis désigne ainsi les victimes de la loi Pasqua de septembre 1986, condamnant à l’expulsion « tout immigré condamné à une peine d’au moins six mois de prison ». Qu’il soit né à l’étranger ou sur le sol français, pourvu qu’il soit d’origine étrangère.

Or, la « grande majorité » d’entre eux revenaient dans le pays où ils avaient grandi. Désormais clandestins, ils trouvaient alors refuge auprès d’un réseau d’hébergeurs revendiquant l’illégalité. Un groupe de Caen avait même publié un texte, cosigné par Gilles Perrault, François Geindre et Harlem Désir, où les membres affirmaient « aider un jeune clandestin à survivre ».

Une des premières mesures du gouvernement socialiste, en 1981, avait été de mettre fin aux milliers d’expulsions de jeunes ayant cours jusqu’alors. Sept ans plus tard, ils étaient minoritaires au PS pour s’opposer aux expulsions. Et aujourd’hui ?

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© Politis


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