« Le Bûcher », de György Dragomán : Tranches d’étrange

Dans la Roumanie post-communiste, le quotidien d’une adolescente et d’une grand-mère peu ordinaires.

Que mettre à la place des portraits de Ceausescu qui laissent sur les murs les traces d’une longue dictature ? Telle est la question qui traverse Le Bûcher de György Dragomán, second volet d’un triptyque consacré à la dictature roumaine. Après Le Roi blanc (Gallimard, 2009), où il confiait la description de la Roumanie des années 1980 à un enfant dont le père avait été enlevé par la police politique, l’auteur donne les rênes du récit à un personnage à peine plus âgé et guère davantage gâté par l’histoire. Soit Emma, 13 ans, pour qui la chute du dictateur survient juste après la mort de ses parents dans un accident de voiture.

Le roman s’ouvre sur l’arrivée à l’orphelinat d’une inconnue qui se présente comme la grand-mère de la narratrice. Pour l’adolescente, c’est la table rase. De même que pour le lecteur, qui découvre à travers ses yeux le petit village éloigné où l’emmène l’aïeule.

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