« Vaurien », de Mehdi Senoussi : Chômeur en colère

Dans Vaurien, Mehdi Senoussi met en scène une prise d’otages dans une agence de Pôle emploi.

Dans Un après-midi de chien (1976), huis clos tendu qui pourrait être la référence lointaine de Vaurien, des gangsters braquent une banque. Ici, le héros attaque une agence de Pôle emploi à Vénissieux, dans la banlieue de Lyon. Question d’époque. « M. Bensalah », comme le nomment les salariés de l’agence, qui voyaient en lui jusqu’ici un chômeur parmi tant d’autres, n’a vécu que rejet et humiliation. Pas de boulot, ou alors, malgré ses cinq années d’études universitaires, les postes lui sont systématiquement refusés ; et pour couronner le tout, il vient d’être radié. C’est la goutte qui a fait déborder son vase de Français « de type maghrébin », comme dit la police.

Donc, dans le local de l’agence, Redouane Bensalah a pris en otage les membres du personnel et les malheureux chômeurs présents au mauvais moment. Ils sont terrorisés car, face à eux, ils ont un homme armé, à bout et incontrôlable.

Mehdi Senoussi, qui a endossé le rôle de Redouane Bensalah, signe là son premier long métrage. Sur un canevas de film de genre, il mêle avec habileté différents fils narratifs. Il y a la tension du thriller ; les solidarités et les oppositions qui se nouent entre les différents otages (interprétés par Jean-Michel Fête, Carlo Brandt, Mathilde Lebrequier, Annie Mercier, Moussa Maaskri…), chacun ayant une existence propre ; et, progressive, la révélation de la domination sociale et de ses effets. Cette dimension-là est la raison d’être de Vaurien.

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