« Bureau des légendes » : Aux frontières du réel

La DGSE comme si vous y étiez ! Au cœur de la saison 4 du Bureau des légendes, la série de Canal + créée par Éric Rochant : les jihadistes français et la cyberguerre.

Le 10 octobre, des radios diffusaient le témoignage d’une mère de jihadiste soupçonnée d’avoir financé les attentats du 13 novembre. Difficile, en l’entendant, de ne pas penser à cette mère de jihadiste qui apparaît dans la saison 4 du Bureau des légendes. Celle-ci reçoit, méfiante, une agente de la DGSE se faisant passer pour la cousine d’un jihadiste à qui elle veut envoyer de l’argent. L’enjeu étant de remonter la filière française de financement de l’État islamique (EI) depuis un sinistre bureau de banlieue jusqu’à Mossoul.

Ces scènes lèvent un coin de voile sur un monde souterrain et effrayant, inconnu du commun des mortels. Une nouvelle fois, Le Bureau des légendes (LBDL pour les initiés) est en prise directe avec une actualité brûlante. Idem quand cette nouvelle saison de la série de Canal + illustre sur une carte numérique une véritable cyber-bataille express entre des geeks de la direction technique de la DGSE et des hackers russes intéressés par les processus -électoraux…

Les jihadistes français et le « cyber » sont les deux thèmes centraux des nouveaux épisodes de cette série qui est la première en France à atteindre un rythme de production annuel, comme les américaines. Ce qui suppose un travail de titan. Aidé par la DGSE ? « Tout est sur Internet », a simplement rétorqué Camille de Castelnau, à l’écriture avec Éric Rochant. Précision : « Si on sait, c’est que quelqu’un a bien voulu que ça se sache… » Si l’effet de réel est documenté jusqu’à l’infime détail, la fiction creuse les allers-retours entre la vérité et le mensonge autour de cet entre-deux idéal qu’est la « légende », soit l’avatar dans la peau duquel se glissent les agents en mission.

À la conférence de presse organisée par Canal + dans les sous-sols sans fenêtres du siège du Parti communiste à Paris – suggérant aux journalistes le sentiment d’être infiltrés –, la coscénariste s’est montrée modeste, nature et souriante. « Mais c’est vous, la fameuse Camille ! » s’est exclamé Mathieu Amalric, nouveau venu dans la série, où il joue JJA, directeur de la sécurité interne.

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