Clandestin malgré lui
Persécuté en tant qu’opposant politique et peul, Diallo* a dû fuir la Guinée pour rejoindre la France. Mais il est « dubliné » vers l’Espagne, où, parfaitement francophone, il ne souhaite pas s’installer.
dans l’hebdo N° 1523 Acheter ce numéro

Il doit tenir dix-huit mois. C’est ce qu’on lui a dit… À l’issue de cette période, Diallo pourrait demander l’asile en France. Pour l’heure, il est « dubliné » : parce qu’il est entré dans l’Union européenne par l’Espagne, le règlement de Dublin stipule qu’il doit y être renvoyé quoi qu’il arrive, même s’il ne souhaite pas y rester. C’est le lot de la plupart des réfugiés qui, arrivant par l’Espagne, l’Italie ou la Grèce, y voient leurs empreintes digitales enregistrées. Est-ce à dire que tous doivent déposer leur demande d’asile dans l’un de ces trois pays ? En attendant, Diallo est clandestin. À Nîmes. Et la clandestinité, lui qui est très attaché au respect des lois, il n’aime pas. Il est hébergé chez un ami. Ne peut pas travailler. Âgé de 30 ans, il tenait une boutique avec son père à Conakry. Aujourd’hui, il est sans ressources, alors qu’il a laissé en Guinée deux enfants sans leur mère, qui les a quittés, chez sa mère à lui, qui vit, malade, dans un petit village « avec seulement des grands-pères et des grands-mères… » Leur sort le tourmente, il voudrait leur envoyer de l’argent. Scolariser ses enfants en ville. Ou les faire venir près de lui.
« J’aime mes enfants », répète-t-il en retraçant son périple. C’est à cause d’eux qu’il a été