Leçon américaine

Le sociologue états-unien Mark Lilla critique ce qu’il nomme la « gauche identitaire », qui aurait renoncé à la conquête du pouvoir par la majorité.

Le sociologue américain Mark Lilla est un traumatisé du trumpisme. Avec l’affairiste milliardaire à la Maison Blanche, « notre vie politique s’enlaidit de jour en jour », dit-il. Mais il convient immédiatement que « s’opposer à Trump n’est pas une politique en soi ». D’où une intéressante réflexion sur les causes de la défaite d’Hillary Clinton en novembre 2016. La faute, dit-il, à une « gauche identitaire » qu’il qualifie de narcissique et moralisante. Lilla n’a pas de mots assez durs pour les mouvements féministes, homosexuels, ou même Black Lives Matter. Il ne leur reproche pas tant d’être « identitaires » – car il reconnaît les succès des Afro-Américains, des homosexuels et des femmes – que de négliger les batailles électorales. On aperçoit là une critique qui pourrait s’approcher des discours de Bernie Sanders et de Jean-Luc Mélenchon : le « vrai peuple » plutôt que les minorités. Ce n’est pas exactement cela, car Lilla ne se situe en rien dans la radicalité sociale ; il fait l’apologie de l’obscure et laborieuse politique institutionnelle. Il ne rejette pas explicitement ce qu’il appelle la « politique militante », celle des banderoles et des défilés, mais à condition qu’elle ne se substitue jamais à la lutte pour la conquête du pouvoir local ou national.

Il reste 59% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

La bataille de l’information

Éditorial accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents