Dossier : 10 bonnes nouvelles en Europe

Pologne : carton rouge aux nationalistes xénophobes

Le parti ultra-conservateur au pouvoir, Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, a été désavoué.

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Cinquième pays de l’Union européenne par sa population, la Pologne est, ces dernières années, une habituée des dérives réactionnaires. Loi nationaliste sur l’histoire, bras de fer avec Bruxelles sur l’indépendance du système judiciaire, rhétorique anti-migrants, etc. Maître d’œuvre de cette politique, Jaroslaw Kaczynski, à la tête du parti ultraconservateur Droit et Justice (PiS), au pouvoir. Mais, le 21 octobre, les élections locales ont montré que les Polonais ne baissaient pas la garde : le PiS a été balayé ou est en ballottage très défavorable dans toutes les grandes villes, dont Varsovie, qui s’est donnée à l’opposition dès le premier tour. Ce scrutin contraste avec la réélection écrasante en avril de Viktor Orbán en ­Hongrie, qui, il est vrai, avait pris soin de museler les médias et de réécrire la loi électorale à son avantage.

Dans les derniers jours de la campagne polonaise, un spot électoral a fait scandale : sur un montage d’images, le PiS annonçait une « déferlante migratoire » en cas de victoire de l’opposition. Le message était si outrageusement xénophobe qu’il a choqué l’opinion. Si le PiS joue cyniquement la carte antimusulmane, c’est parce que les migrations sont une réalité familière à la plupart des Polonais : non seulement ils sont des millions à avoir quitté le pays (en 2015, le Royaume-Uni à lui seul comptait plus de 900 000 habitants nés en Pologne), mais la Pologne est aussi une terre d’immigration massive – 586 000 permis de résidence délivrés à des ressortissants non européens (essentiellement ukrainiens) en 2016, soit un cinquième de toute l’UE ! Beaucoup de Polonais ont compris que le repli identitaire était une impasse.


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