Taxe carbone : double dividende et triple peine

Les écotaxes actuelles sont injustes et leur bénéfice environnemental très faible.

I l n’y a pas le choix », a déclaré le Premier ministre le 3 novembre. Un discours, emprunté à une partie des économistes, qui repose sur le rôle central des « incitations monétaires » pour modifier les comportements : pour freiner la demande d’un produit, le plus efficace est d’en augmenter le prix. Mais ce raisonnement, qui fonctionne sur certains marchés, est en échec lorsque les choix de consommation sont largement contraints par des structures sociales ayant une forte inertie.

Ainsi, la demande de carburants fossiles pour les véhicules fléchit peu quand le prix augmente, parce qu’elle est largement déterminée par des contraintes structurelles telles que l’aménagement de l’espace entre les implantations des logements et celles des lieux de travail et d’études, auxquelles s’ajoute l’insuffisance de transports publics pratiques. Autant de rigidités, consolidées depuis des décennies, qui pèsent lourdement sur les choix individuels.

Les avocats des écotaxes expliquent qu’on peut en attendre un « double dividende ». D’un côté, un bénéfice environnemental : la réduction des pollutions. De l’autre, des recettes publiques que l’on peut consacrer à des dépenses d’intérêt général. Cette rhétorique ignore la question de la justice sociale et fiscale. Or, les écotaxes actuelles sont injustes et leur bénéfice environnemental très faible.

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