Le macronisme enraciné à droite

Dans le long silence de l’exécutif, les députés LREM, y compris ceux issus de la gauche, se sont sentis bien seuls face à la crise des gilets jaunes.

Ne les appelez plus « godillots ». Les gilets jaunes ont paradoxalement permis le réveil d’une partie de la majorité à l’Assemblée nationale. « Beaucoup de mes collègues ont envie de renforcer leur rôle de député », explique Lionel Causse, député des Landes et tenant d’une ligne « sociale » chez LREM. Et comment pourrait-il en être autrement ? De l’ombre de la pléthorique majorité à l’Assemblée, réduite au rôle de chambre d’enregistrement des projets du gouvernement durant quinze mois, les députés macronistes ont été propulsés en première ligne du conflit ouvert par les gilets jaunes.

Face au silence persistant de l’exécutif pendant plus d’un mois, ils ont pris les balles. Au sens figuré, et parfois presque au sens propre. Permanences taguées, portails de domicile couverts de gilets jaunes, élus chahutés sur les barrages, menaces… « On a vécu des choses qui ne sont pas marrantes », admet Lionel Causse. Alors, dès les premières semaines, certains ont pris la parole. « On a très vite mis la pression sur l’Élysée et Matignon », raconte le député. ISF, justice fiscale, représentativité démocratique, nouveaux pactes de mobilité… Émilie Cariou, députée de la Meuse, tweetait le 2 décembre : « Les députés LREM ont fait remonter les alertes et propositions, il faut que le Premier ministre les écoute. » Elle n’a pas été la seule.

Ont-ils été entendus ? Dans sa très tardive allocution, plus de trois semaines après le début du mouvement, Emmanuel Macron a bien lâché quelques annonces. Poudre de perlimpinpin pour les gilets jaunes, elles ne satisfont pas non plus ces élus à la dominante plus sociale. S’ils se félicitent de l’organisation et de la mise en place de rencontres sur les territoires, de la suppression de la hausse de la taxe sur les carburants (TICPE) ou du coup de pouce aux smicards, certains regrettent ouvertement que l’ISF n’ait pas été rétabli. « Nous n’aurions peut-être pas dû supprimer l’ISF, car cette mesure hautement symbolique nourrit ce sentiment d’injustice fiscale », estimait dans Le Monde (1) Patrick Mignola, chef de file des députés MoDem.

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