Rebiya Kadeer, la voix du peuple ouïghour

La présidente du Congrès mondial ouïghour parcourt le monde pour plaider la cause de cette minorité musulmane en Chine, dénonçant une volonté d’« épuration ethnique » des autorités.

Lena Bjurström  • 5 décembre 2018 abonné·es
Rebiya Kadeer, la voix du peuple ouïghour
© photo : Condamnée pour « divulgation de secrets d’État », Rebiya Kadeer a passé six années en prison, dont plus d’un an à l’isolement. crédit : YOSHIKAZU TSUNO

Rebiya Kadeer est si menue qu’elle pourrait se perdre dans la foule si celle-ci ne s’écartait sur son passage, en signe de respect. En ce jour de septembre, le hall de cet hôtel du sud de Paris est occupé par des dizaines de membres de la diaspora ouïghoure, minorité musulmane de l’ouest de la Chine. Et la présence à cette réunion de la plus célèbre d’entre eux ne passe pas inaperçue. Chaleureuse, Rebiya Kadeer a la parole vive et précise. Depuis le temps qu’elle parle à la presse, elle connaît son texte. Cela fait plus de vingt ans qu’elle se bat pour la survie de son peuple, de sa culture. Mais ces temps-ci sa voix tremble. Car là-bas, en Chine, des milliers de Ouïghours sont arrêtés les uns après les autres. Et son peuple, dit-elle, n’a jamais été à ce point en danger.

Rebiya Kadeer est née en 1947 dans un petit village du Xinjiang, littéralement « nouvelle frontière » en mandarin. Une immense région

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Monde
Temps de lecture : 9 minutes