Le défi du mouvement syndical

Le paradoxe du mouvement des gilets jaunes est qu'il crédite l’analyse des organisations syndicales, mais jette sur elles un discrédit qui fait resurgir leurs propres interrogations existentielles.

Il aura fallu un mouvement aux formes inédites, balayant tous les repères politiques, pour réveiller enfin les consciences sur la crise sociale que nous traversons. Ce n’est pourtant pas faute, du côté des organisations syndicales, de s’époumoner depuis de long mois pour lancer l’alerte sur une situation devenue intenable. C’est toute l’ironie du moment gilets jaunes : il crédite l’analyse alarmante des organisations syndicales, mais jette sur elles un discrédit qui fait resurgir leurs propres interrogations existentielles.

Les syndicats sont notamment victimes de leur institutionnalisation, accentuée depuis trente ans par la chute des adhésions, qui leur vaut d’être souvent suspectés de poursuivre un agenda politique secret ou d’agir pour leurs « privilèges » de militants professionnels. Cette remise en question ancienne – le syndicat Solidaires se développe pour tenter d’y répondre depuis une trentaine d’années – s’est considérablement intensifiée. Parce que le syndicalisme s’est complexifié et requiert des compétences élevées. Et qu’il fait face à une transformation profonde du travail, vers un émiettement des statuts et une individualisation toujours plus forte des salariés. Les syndicalistes subissent dans le même temps un durcissement du climat social et une perte progressive de leurs moyens d’action, au rythme des lois de dérégulation du travail.

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