Mythologie de la classe moyenne

En réalité, près des deux tiers de la population active forment les classes populaires.

On ne peut savoir encore sur quoi débouchera le mouvement des gilets jaunes. Mais, outre qu’il a fait éclater l’imposture macronienne, il a mis en pièces une approche sociologique rabâchée ad nauseam depuis un demi-siècle. Elle tenait pour vérité l’idée que les classes sociales et leur lutte avaient sinon disparu, du moins s’étaient diluées dans un grand ensemble appelé classe(s) moyenne(s), dont on ne savait jamais s’il fallait en parler au singulier ou au pluriel. À l’appui de cette idée, l’augmentation du niveau de vie apportée par le développement économique était magnifiée et l’image de l’ascenseur social faisait florès. Mais la crise du capitalisme, sa financiarisation et les politiques d’austérité salariale ont ravagé la société, condamné au chômage des millions de personnes en France et des dizaines de millions en Europe, aggravé la pauvreté et les inégalités, et réduit les droits sociaux attachés au salariat.

Comment la sociologie la plus répandue interprète-t-elle cela ? En disant que la classe moyenne est déchue, après avoir, pendant tout le XXe siècle, affirmé sa montée irréversible. Cette vision entretient de grandes confusions.

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