ESS : un nouveau rôle dans la démocratie
L’ESS ne peut être simplement un adjuvant dans la société néolibérale : elle doit être un levier pour une réelle transition.

Après la Seconde Guerre mondiale, la volonté de se prémunir contre les aléas cycliques de l’économie marchande génère un compromis socio-économique influencé par les idées de Keynes. Il s’exprime dans la déclaration de Philadelphie en 1944, selon laquelle le développement économique ne vaut que s’il est au service du développement social. À partir de ce constat, la période d’expansion dite des Trente Glorieuses se caractérise par l’extension des protections et politiques sociales mises en œuvre par un État qualifié de « providence », relayé par de nombreuses interventions associatives et des négociations collectives en charge de répartir la valeur ajoutée entre capital et travail.
Dans les années 1960, des mouvements sociaux apparaissent qui font émerger des questions inédites. Pour ceux-ci, la lutte des classes n’est pas le seul conflit dans la société. Au-delà de la complémentarité entre marché et État, le mouvement écologique interpelle sur l’impossibilité d’un système fondé sur la croissance sans fin dans une planète finie, le mouvement féministe remet en cause le paternalisme et les différences de genre dans l’État social. En même temps, de nombreux citoyens ne veulent plus être considérés seulement comme des assujettis et demandent à être entendus dans la