Une colère mélancolique

Ironie acide, humour grinçant, regard désabusé sur le monde : Bruit noir ne change pas de ton.

Émanation de Mendelson, Bruit Noir, duo composé de Pascal Bouaziz et de Jean-Michel Pirès, présente l’acte II de sa trilogie inaugurée en 2015. Lequel s’ouvre sur un exercice d’autodérision, les deux compères commentant la sortie de ce nouvel album, qui, selon eux, n’aura pas plus d’audience que le précédent : « un album pour que dalle ». Puis on les entend, dans la scène suivante, commenter ce commentaire. En langage savant, on appelle ça une mise en abyme. En termes plus imagés, on serait entre la poupée russe et la Vache qui rit.

S’ensuit une interpellation de la presse musicale, des radios, des festivals, aux abonnés absents, avant d’en arriver à cette affirmation : « Le monde serait meilleur si Pascal Bouaziz avait du succès. » L’affirmation est audacieuse, mais, ce qui est sûr, c’est que ce serait au moins un monde capable ­d’apprécier un auteur à sa juste valeur. Un homme dont les mots constituent la matière première de l’expression et qui, disque après disque, avec Mendelson, Bruit Noir ou en solo, construit une œuvre aussi cohérente que personnelle. Car, si on ne sait pas trop à quel degré prendre ce premier morceau, il faut reconnaître qu’une réelle injustice se cache derrière cette ironie amère.

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