États-Unis : la fracturation, un danger sanitaire

Une étude montre que cette technique utilisée dans l'exploitation du pétrole et du gaz a de multiples impacts néfastes sur la santé des habitants des zones concernées.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


En prenant l’exemple de L’État américain de Pennsylvanie, des chercheurs viennent de montrer que la technique de fracturation utilisée pour la recherche et le pompage du pétrole ou l’extraction du gaz avait de graves conséquences pour la santé des habitants. Cette étude, parue cette semaine dans le mensuel Public Health entraîne des maladies de peau, des affections génitales et des troubles urinaires graves.

Ce travail de recherche, mené entre 2003 et 2014 au département médical de l’université de Rochester, a mis en évidence que plus il y avait de puits faisant appel à la technique de fracturation dans un comté, plus il y avait d’hospitalisations pour ces maladies et pour les affections des reins. L’un des scientifiques responsable de ce travail que les autorités politiques ont cherché à dissimuler, Alina Denham, explique :

Il faut avoir présent à l’esprit que les hospitalisations constatées le sont pour des affections aigües et des aggravations de maladies chroniques. Ce qui nous permet d’en conclure qu’un certain nombre de cas moins graves ont été traités à la maison et non répertoriés.

Bactéries souterraines et pollution

Après une correction selon l'âge, l'origine ou le niveau de revenus, les scientifiques ont constaté que l’ouverture de nouveaux puits et leur densité sur un territoire correspondaient à une augmentation de chacune de ces maladies et également aux crises d’acné, particulièrement pour des femmes âgées de 20 à 64 ans. Les statistiques d’hospitalisation montrent qu’il existe également un lien entre la densité des opérations de fracturation et les maladies cardiovasculaires et respiratoires, ces dernières étant une conséquence de la pollution de l’air liée aux émanations s’échappant des puits, qui ne sont soumis à aucune réglementation contraignante.

Les deux hypothèses de l’équipe de chercheurs pour rendre compte de ces observations, outre l’action des produits accompagnant la fracturation et l’extraction des produits pétroliers, sont encore plus inquiétantes. D’abord, ils expliquent que la dispersion dans l’air de bactéries dangereuses provenant des entrailles de la terre peut provoquer ou exacerber certaines maladies ; ensuite, que la fracturation entraîne une pollution diffuse mais permanente des eaux potables.

Conclusions des médecins et épidémiologistes : il faut certes poursuivre les recherches, mais il est important que les gens qui vivent dans les zones d’extraction sachent qu’ils risquent de voir leur santé affectée. Dans les comtés étudiés, 200 personnes ont déjà porté plainte…


Haut de page

Voir aussi

Le bal des petits pompiers

Sur le vif accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents