« La désobéissance civile peut fédérer »
La chercheuse Sylvie Ollitrault relève qu’une nouvelle génération rend très concret le combat climatique, qui n’agit pas en opposition aux gilets jaunes.
dans l’hebdo N° 1545 Acheter ce numéro

Chargée de recherche en sciences politiques au CNRS, Sylvie Ollitrault décrypte les mécanismes des mobilisations environnementales et leur rôle sur la politisation des militants. Elle observe avec optimisme les mouvements pour le climat issus de la jeunesse mondiale ces dernières semaines, mais reste plus prudente sur une potentielle convergence des luttes immédiates avec le mouvement des gilets jaunes en France, malgré les revendications plus engagées vers plus de justice climatique et sociale.
Quelles leçons retenez-vous des grèves pour le climat orchestrées par des jeunes de nombreux pays tous les vendredis ?
Sylvie Ollitrault : Nous avons rarement vu un mouvement social aussi homogène et spontané. Des étudiants, des lycéens, des collégiens sont descendus dans les rues, car ils se sentent happés par le fait que la planète est en danger, qu’il faut se mobiliser et agir. La plupart sont des primo-manifestants, mais ont fait preuve d’une grande maturité sur le plan de l’auto-organisation, même si des ONG ont dû jouer un rôle, certains lycéens ont construit des groupes