Dossier : La finance peut-elle sauver la planète ? (Oui, si on la force)

Le pacte qui valait 1 000 milliards

Un projet de banque européenne pour le climat rencontre un certain consensus. Gare tout de même aux solutions miracles.

Les bonnes nouvelles sont rares sur le terrain climatique. C’est pourquoi elles interpellent. Surtout quand elles pèsent « 1 000 milliards d’euros » et sont louées aux quatre coins de l’échiquier politique. Il faut dire que l’énoncé est percutant : les 1 115 milliards d’euros nécessaires (1) pour financer la transition écologique sont là, presque sous nos yeux, entre les mains de la Banque centrale européenne (BCE).

Après tout, « nous avons débloqué 2 600 milliards pour sauver les banques [depuis 2015], nous pouvons bien engager 1 000 milliards pour sauver le climat », résume Pierre Larrouturou, économiste et communicant hors pair, qui porte le « pacte finance-climat » avec le climatologue Jean Jouzel.

La BCE, c’est vrai, a injecté dans le circuit bancaire des sommes astronomiques pour mettre sous perfusion un système tétanisé par la crise de 2008. De l’argent récupéré ultérieurement sous forme de remboursement, moyennant des intérêts (2). L’idée de mettre cette manne à contribution est dans l’air depuis plusieurs mois et rencontre un enthousiasme déconcertant. Des figures de la droite (Alain Juppé, Christian Estrosi, Jean-Pierre Raffarin, la députée LREM Bérangère Abba) et de la gauche de droite (Pierre Moscovici, Pascal Lamy) comme du monde de l’entreprise et de la société civile (de Nicolas Hulot à Txetx Etcheverry, d’Alternatiba) se sont pressées le 19 février à la soirée de lancement de ce pacte dans l’amphithéâtre plein comme un œuf de l’université Jussieu, à Paris. Son principal initiateur, Pierre Larrouturou, a même obtenu son ticket pour figurer en bonne place, avec son pacte finance-climat en bandoulière, sur la liste PS conduite par Raphaël Glucksmann (Place publique), renouant avec ce qui reste de la famille socialiste après avoir multiplié les passades depuis dix ans (PS, EELV, re-PS, fondation du Collectif Roosevelt puis de Nouvelle Donne).

Dans le détail, la proposition consiste à créer une « banque européenne pour le climat et la biodiversité », disposant de 1 000 milliards d’euros pour « irriguer la sphère privée » à coups de prêts à taux « privilégiés » consacrés à des projets écologiques. Cette banque serait adossée à un fonds doté chaque année de 100 milliards, sonnants et trébuchants, alimenté par un impôt de 5 % en moyenne sur les bénéfices des grosses entreprises, variable en fonction de l’évolution de leur bilan carbone. De quoi investir directement dans la recherche sur le stockage de CO2, par exemple, ou dans la transition énergétique, notamment en Afrique.

À pas plus feutrés, Emmanuel Macron, avec son One Planet Summit réunissant l’ONU, la Commission européenne ou encore l’assureur Axa et BNP Paribas, formule également cette promesse de faire contribuer la finance pour sauver le climat.

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