Que les aristocrates tremblent !

Des gouvernants aux banques en passant par l’université, les opérations climaticides et menaçant les plus pauvres se multiplient. Mais, comme en 1788, l’indignation croît et une révolution est en marche.

N_ous dirons à ces hommes égarés et souillés […] qu’ils doivent trembler pour leur honneur et même pour leur fortune, s’ils ne se hâtent d’abandonner une carrière que le sentiment général et progressif de la société réprouve chaque jour davantage, et à laquelle le sceau de l’infamie va bientôt s’attacher. Déjà l’on commence à désigner […] les maisons adonnées à la traite des Noirs […] Déjà les maisons les plus respectables de la capitale ont rompu toute relation avec les négriers nantais, et nous apprenons qu’on s’occupe des moyens de leur interdire complètement tout emploi du crédit. » Ainsi se positionnait _Le Producteur, journal socialiste, en 1825, dans la longue lutte pour l’abolition de l’esclavage : nommer, salir les négriers, intimider leurs alliés et leurs banquiers, ne plus leur accorder de crédit.

Cette stratégie n’est pas datée, elle éclaire notre présent. L’appel à cette saine réprobation et cette stratégie ont gagné du terrain, et remporté des premières victoires ces derniers temps. Alors que le gouvernement entendait faire porter sur les moins aisés une pseudo-taxe carbone, le mouvement hirsute et ingouvernable des gilets jaunes a posé la question des liens entre justice sociale et descente énergétique. Malgré la colère qui monte, le régime maintient les privilèges fiscaux des 1 % les plus riches et des entreprises les plus pollueuses, paupérise les transports publics quotidiens, signe des accords de commerce climaticides, refuse de taxer le kérosène. Et, le 7 mars, le parti d’Emmanuel Macron a vidé de tout contenu la proposition de loi qui devait limiter l’utilisation de l’épargne populaire pour investir dans les énergies fossiles.

Ce n’est pas tout. Ces mêmes banques qui font de l’argent sale avec les nouveaux négriers de l’extractivisme, préparant un monde de violences climatiques et d’errances migratoires, entendent nous laver le cerveau et contrôler l’Université. Quelle surprise d’apprendre que, au moment même où nous nous décarcassons sans moyens avec quelques collègues pour ouvrir à l’École des hautes études en sciences sociales un nouveau master d’études environnementales à la rentrée prochaine, la Comue (regroupement d’universités) Paris-Sciences-et-Lettres, à laquelle nous appartenons, ouvre à grands frais une nouvelle licence « positive impact » avec la BNP (1).

Il reste 60% de l'article à lire.

   Pour lire la suite de cet article, identifiez-vous ou créez un compte :

Article réservé

Pour lire cet article :

Je choisis un pack
Achetez un pack de crédits
pour accéder à cet article.
Consultez nos offres d’abonnement,
à partir de 8€/mois.
Déjà abonné(e) ?
Identifiez-vous.

Vous pouvez aussi acheter le journal contenant cet article ici

Haut de page

Voir aussi

Décote, départ à 64 ans, valeur du point… On vous dit tout sur la réforme des retraites

Éco/Social accès libre
par ,

 lire   partager

Articles récents