À Saint-Denis, la parente pauvre de Notre-Dame

À dix kilomètres de la cathédrale de Paris, la basilique Saint-Denis, sa sœur aînée en art gothique, peine à trouver un financement pour remonter la flèche qu’elle a perdue il y a 182 ans.

Arnault : 200 millions. Bettencourt : 200 millions. Pinault : 100 millions. Avec près de 1 milliard d’euros de dons promis moins de 24 heures après le déclenchement de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, lundi 15 avril, il serait difficile de ne pas établir un parallèle : un peu plus au nord, à une dizaine de kilomètres de là, la basilique Saint-Denis attend depuis plus de 150 ans de voir sa flèche un jour remontée. Mais ici, en Seine-Saint-Denis, où selon l’Insee près de 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté (soit avec moins de 1 008 euros par mois), les acteurs du projet rament.

« À cause d’aléas climatiques, de la foudre et d’une tornade, la flèche a été ­démontée en 1837, car la tour était déstabilisée. À l’époque, les seules techniques de restauration, c’était le démontage des ouvrages pour consolider la base, puis le remontage pierre par pierre », précise Luc Fauchois, vice-président de l’association Suivez la flèche. « Des querelles se sont ensuivies entre les architectes, puis le projet a été oublié. » Jusqu’en 1971, quand le maire de Saint-Denis, ­Marcelin Berthelot, relance le ministère de la Culture. « Plusieurs campagnes se sont succédé avec les maires suivants, soutenus par la population via des pétitions, des comités de parrainage ou encore des événements avec reconstitution de la flèche en laser. » Mais rien n’y fait, l’État n’y mettra pas le sou. La ville de Saint-Denis et la structure intercommunale Plaine Commune n’en démordent pourtant pas : la basilique Saint-Denis doit pouvoir retrouver sa flèche.

« La basilique a joué un rôle important dans l’histoire de France. » Elle a été construite à partir de 1135 et sa flèche, qui culminait à plus de 90 mètres (1), a été montée entre 1170 et 1180. « C’est ici qu’on a expérimenté pour la première fois l’architecture gothique. C’est aussi la tombe des rois de France. » À la suite de la visite du président François Hollande en 2015, l’association Suivez la flèche a été créée avec l’idée de faire financer le chantier par les visiteurs, à qui on permettrait de retrouver « l’effervescence des bâtisseurs de cathédrales du Moyen-Âge ». Et en 2017 l’État a finalement donné son accord.


© Politis

Restitution en 3D de la flèche manquante de la basilique Saint-Denis. Crédit : OTI Plaine Commune Grand Paris


« On a d’abord besoin de mécénat pour mettre en place le chantier, ensuite ce sont les visiteurs qui, en payant l’entrée, financeront les travaux et pourront de cette façon découvrir des métiers oubliés comme celui de tailleur de pierre. »

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